DÉSIR D’ENFANT : PRESSION SOCIALE ET LIBERTÉ DE CHOIX
Entourage GROSSESSE

DÉSIR D’ENFANT : PRESSION SOCIALE ET LIBERTÉ DE CHOIX

OK, peut-être pas le meilleur titre pour débuter ce blog. Mais puisqu’il va être sujet ici de grossesse et de maternité, autant crever l’abcès dès maintenant : non, le désir d’ enfant n’est pas si naturel. Non, l’instinct maternel n’existe pas. Voilà qui est dit.

 

Ce qu’en dit Firemom :

 

Il ne sera pas question ici de miracle de la vie, de féminité exacerbée par la maternité, d’accomplissement naturel de la femme dans sa parentalité.

 

Tiens, en voilà, un bon mot : il s’agira ici de parentalité. Car tout comme je n’ai pas toujours eu de désir d’enfant, tout comme je n’ai jamais eu l’instinct maternel, Je ne souhaite pas particulièrement faire un blog « de maman ». Pour moi, et je peux dire pour nous, d’ailleurs, puisque j’ai la chance de ne pas faire un enfant toute seule, la parentalité se construit à deux, dans tous ses aspects, puisque nous avons la chance d’être deux.

C’est ce que nous allons tenter de faire ici : un blog de futurs parents, puis de parents, comment chaque sujet est perçu par l’un et par l’autre. Comment ne pas se laisser avoir par les rôles, les préjugés, la répartition, la distribution de la connaissance et le maintien de l’ignorance autour des choses de la grossesse.

 

Et cela commence par dire : vous pouvez venir ici plein de doutes et de questions, nous nous les posons aussi. Vous pouvez venir ici avec votre profil atypique, je ne suis pas sûre qu’il y en aie de typique. Pour nous, la normalité ne veut dire que ce qu’elle implique, à savoir la notion de norme, donc imposée de l’extérieur, parfois de moyenne, mais ne reflète en rien la réalité. ici nous ne parlerons que de notre réalité.

 

Il se trouve que non, je n’ai jamais voulu avoir d’enfant. Je l’ai cru longtemps, voulant retranscrire un schéma connu, une norme, justement, le confort de ce que j’avais toujours connu dans ma famille. J’ai voulu me marier, avoir des enfants, et ce dès mes 20 ans. J’imaginais avoir des enfants vers 25 ans, je trouvais que c’était un bon âge. Mais à 25 ans, je n’en étais plus si sûre. Et à 27, je n’ai plus voulu me marier non plus. Je me suis rendu compte du vide de cette envie, qui ne reflétait pas mon propre désir. Ce n’était pas moi. C’était l’expression de la pression sociale, de ce qu’on attendait de moi, de ce qu’on avait peu à peu intégré dans ma tête de petite fille, de jeune fille, puis de jeune adulte.

Vers 30 ans, un nouveau projet bébé est arrivé dans ma vie. Celui-ci fut plus criant encore : c’était hors de question ! Je voulais vivre, voyager, tester ma carrière, faire évoluer mon métier qui s’avère être un métier de passion. Je ne voulais pas pouponner, je ne voulais pas de responsabilité, je voulais voir le monde, expérimenter, faire une nouvelle chose chaque jour.

J’étais aussi absolument effarée à l’idée de pouvoir être une mauvaise mère. Je ne m’étais même pas encore débarrassée de mes propres démons hérités de mes parents que j’allais être parent à mon tour ? il y avait un grand NON perpétuel dans ma tête. Il est resté jusqu’à ce que cette relation prenne fin à son tour, enterrant définitivement ma croyance, ma fausse croyance, que je voulais, que je devais être mère, parce que c’était comme ça, peut-être parce que j’étais une femme.

 

À ce moment de ma vie, j’avais 31 ans, l’âge où beaucoup de femmes commencent à avoir des enfants, et je me suis retrouvée dans la cuisine de ma mère à lui dire : « Tu sais, je crois que je ne veux pas avoir d’enfant. » Je disais ça à celle qui avait adoré être maman, qui est ma propre maman, la grand-mère, à l’époque, de 2 petits enfants (désormais 3 et bientôt 4) et qui a du se dire longtemps (peut-être encore ?) que ma vie est un sacré chaos ! Et pourtant, une fois formulé à voix haute, qu’est ce que je me suis sentie soulagée ! Qu’est ce que je me suis sentie déculpabilisée ! Le poids sur mes épaules lié à l’obligation tacite en tant que femme d’avoir un jour un enfant m’a libérée très concrètement. Désormais, je ne ferais plus que ce que je voudrais.

Je me souviens avoir pensé et dit « Peut-être que quand tu es créatif, tu laisses déjà une trace de toi au monde, avec ton œuvre. Peut-être que ça libère du désir d’enfant, parce que l’on crée déjà concrètement quelque chose venant directement de soi et qui nous survivra».

C’était sans doute à la fois aussi stupide qu’intelligent. Mais ça m’a aidée à avancer.

 

Et me voilà libérée dans la vie. Libérée d’un tas de choses, en fait, sans biens, sans travail, sans mec, sans appart, sans désir d’enfant.

 

Et puis j’ai rencontré ce mec. Un mec avec qui je ne voulais pas sortir, parce qu’il était bien trop jeune pour moi. Un mec génial à qui j’ai dit avant même un mois de relation que je ne voulais pas avoir d’enfants dans la vie. Il m’a dit ok, et un an plus tard, je savais que c’était avec lui que je voulais fonder une famille. Ça n’avait pas de sens, c’était juste évident. La fameuse évidence que j’avais vainement cherché toute ma vie. Ce n’était pas la norme, ni la société, ni le patriarcat, juste évident. L’évidence est inexplicable. Et la famille, ça commençait juste par nous deux. Pas plus. C’était drôlement rassurant.

 

Je vais avoir 37 ans au moment où j’accoucherai. Je vis une période qui m’a fait peur toute ma vie. J’y suis avec mes angoisses, mes espoirs, mes questionnements, et je croule sous une désagréable paperasse administrative. Je ne supporte toujours pas le discours gnangnan comme quoi, enceintes, on devrait toutes être épanouies avec des joues roses. Ça me rends aussi dingue qu’une blague sexiste.

 

Ce que nous voulons ici, c’est vous partager cette expérience à deux, avec nos deux points de vue, nos entraides, et même si je n’aime pas le côté mièvre des discours sur la grossesse, il y a des chances que parfois on vous file quand même le diabète tellement on est heureux.

 

Ce qu’en dit Helldad :

 

A mon âge, une bonne partie de mes ami-e-s sont parents : les enfants sont tout petits, les problèmes, les angoisses et les questions eux sont très grands. Parmi les questions que se posent les jeunes parents, une revient souvent :

 

“Et toi, quand est ce que tu t’y mets ?”

 

Comme s’il fallait, pour accomplir correctement une relation de couple, qu’elle se poursuive et s’achève par la conception d’un enfant.

Si je vois le couple comme une aventure fantastique, je ne vois pas forcément l’enfant comme une quête qu’il faut absolument entreprendre. Je pense que ca entre dans une continuité, uniquement si les planètes sont alignées et que l’univers converge vers cette nouvelle étape.

 

Je ne sais pas si l’instinct maternel existe en tant que tel. Au passage, je trouve que laisser uniquement à la mère le concept d’instinct “d’étre parent” est super dur pour le père : ok, je ne porte pas cet enfant et je ne vis pas de transformations physiques/psychiques mais je l’ai aimé dès le premier instant où j’ai entendu son cœur battre à l’échographie. Nous n’avons pas de relation symbiotique mais tous mes choix de vie et mes priorités ont maintenant un objectif différent et important.

 

Je sais que j’ai toujours eu en moi un espace de sensations, de sentiments et d’affection en fusion, prêt à accueillir un enfant, et à l’envelopper de chaleur et d’amour. Du coup, ce n’est pas dans mon ventre et je n’ai pas mal au dos, mais finalement, tout ce truc en fusion c’est peut-être l’instinct paternel qui se prépare. C’est étrange d’écrire ça, surtout quand on sait que je ne suis pas encore père. C’est surtout ce que je ressens maintenant. Je ne sais pas si c’est la relation à mon père, à mes parents, leur relation entre eux qui a fait que je me suis toujours imaginé devenir père. Je n’y avais jamais réfléchi avant de rencontrer Firemom, je m’étais toujours dis que j’aurais des enfants, sans jamais me poser plus de questions. Ma relation de couple se construisant et s’épanouissant, les choses sont venues naturellement puis j’ai eu envie d’avoir un enfant. J’ai eu envie qu’on construise quelque chose de plus fort, de plus grand et les planètes se sont alignées.

 

D’ici 3 mois, le nouveau chapitre de notre aventure à Firemom et à moi va s’ouvrir devant nous.

J’essaierai de partager avec vous tout ce qui pourrait nous arriver. L’idée c’est de partager notre expérience, donc je compte sur vous pour réagir et partager votre expérience de tout ça, quelle qu’elle soit !

Firemom a l’impression d’élever un petit goa’uld qui a une fâcheuse tendance à lui appuyer sur la vessie. Phobique de l’administration, elle a eu l’impression de toucher le fond lorsqu’il a fallu envoyer un Cerfa à la CAF.

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13 Comments

  1. Mademoisellevi

    Il n’y a pas un truc de famille (repas, regroupement, et j’en passe) ou on me fait pas chier avec cette question
    C’est peut être dur, mais oui, ça me fait chier
    J’en peux plus qu’on croit que parce que j’approche des 30 ans faut que je m’y mette
    De manière obligatoire
    NON NON NON ET ENCORE NON
    Je le ferais si je le veux et quand j’en aurais envie aussi
    Et mon mec et moi on est sur la même longueur d’ondes
    N’est ce pas la le plus important plutôt que l’avis des gens?

    1. Merci de ce commentaire ! Oui clairement, c’est le plus important, pensez à vous c’est déjà ps mal ah ah !

    2. Ah mais si Mademoisellevi, je ne peux qu’être d’accord. Malheureusement la pression sociale et souvent familliale est parfois à la limite du supportable. Et ça ne concerne pas que les femmes ! Comme s’il fallait suivre un schéma unique et immuable de génération en génération. Quelle tristesse…

  2. matinbonheur

    Je n’étais pas sûre de vouloir d’enfant, ni assumer la responsabilité qui en découle.
    Et puis lui, cet homme que j’aime et qui m’a donné envie de construire une famille.
    Deux enfants très rapprochés (quand on est lancé…) et un 3e qui arrivera en 2018. Comme quoi la vie nous mène parfois là où on ne pensait pas aller.

    1. Tellement ! Merci d’avoir pris le temps de partager ça avec nous !

    2. Oh ! Félicitations !!

  3. High Five Family

    Peut-être que l’instinct maternel n’existe pas, tant que son enfant n’est pas là je te l’accorde. Je viens d’avoir mon troisième enfant et je me suis posée la question jusqu’à l’accouchement de savoir si ce troisième était une bonne idée, si j’allais ressentir autant d’amour pour celui-là que pour les 2 autres (évidemment tous ces doutes, tu te les gardes pour toi durant la grossesse car les gens ne comprendraient pas sinon). Et le jour ou tu accouches, on te poses ton enfant sur toi et tu te prends une grosse claque d’instinct maternel !!!!! Ton enfant est là et tu souhaites le meilleur pour lui, tu sais déjà que tu vas l’aimer à en crever. Une chose est sure, on se lance dans cette aventure familiale quand on est prêt, et non pas pour suivre le rythme de ses amies ou pour répondre à une pression sociale. On peut être prêt à 22 ans comme à 35, mais il ne faut écouter que soi-même.

    1. Merci d’avoir partagé cela avec nous !

  4. Bonjour Firemom et Hellad! Votre histoire est touchante et vous semblez sincères et simples, ça fait du bien au milieu du monde de la perfection parentale. J’ai 36 ans depuis un peu plus d’une semaine. Je vais être maman pour la 1ère fois et l’homme aussi, juste quelques jours avant ses 40 ans. Nous avons des passés et des vies avant de se rencontrer. Lui avait renoncé à la paternité et moi ben moi… je croyais dur comme fer qu’il me serait impossible de faire un enfant! Mère Nature est facétieuse… me voilà enceinte de 3 mois et demi après m’être arraché les cheveux pendant 3 jours sur ce p*tain de cerfa déclaration grossesse! Moi aussi j’ai vu le bout du monde quand tu réalises que le cerfa qu’ils te demandent parmi les pièces à fournir ave le cerfa et que je cherche comme une dingue mono neuronée c’est en fait… celui que je viens d’imprimer et que je remplis oO
    Au plaisir de vous lire!

    1. Merci Reinette d’avoir pris le temps de nous écrire ! Félicitations pour votre grossesse et courage pour les documents !
      Au plaisir de vous retrouver ici aussi !

    2. Ahah c’est pas grand chose ce cerfa mais c’est stressant quand on n’est pas « administratif ». En plus ils demandent des pièces dont la sécu n’a plus besoin mais les formulaires n’ont pas été changés… Il est évident qu’on fera un article là dessus !!!! Et félicitations pour ce joli bonheur qui vous attend 🙂

  5. Wouah! Merci pour ce post, c’est très rassurant de voir que d’autres personnes ont la même conception que moi!
    Je vais avoir 30 ans dans peu de temps et l’idée de faire un bébé ne m’intéresse pas. Mais comme vous le dites, la pression sociale est bien présente et le fait d’annoncer qu’on ne veut pas d’enfant est toujours mal perçu.
    Je ne sais pas si j’en aurai un jour (faudrait déjà trouver le père! lol) mais votre vision de la parentalité est super rafraichissante! Ça change de toutes ces « mères parfaites »!
    Hâte de lire la suite!

    1. Merci Lula pour ton commentaire. Pour tout dire, c’est étrange d’être celle qui attend un enfant après être celle qui n’en voulait pas. En fait, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Moi je suis certaine qu’elle est aussi belle pour tous, peu importe nos choix 🙂

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