FATIGUE : L’ENNEMI INVISIBLE
Entourage GROSSESSE

FATIGUE : L’ENNEMI INVISIBLE

Avec la fatigue, j’aborde un sujet ultra sensible. La fatigue est un symptôme inévitable, et, lorsqu’elle est très prégnante, elle oscille entre l’extrême banalité et l’extrême incompréhension sociale.

Car oui, là où la fatigue est courante et connue de tous, elle est également si peu connue qu’elle est un grand facteur de désocialisation. Alors oui, vous avez le droit d’en parler autour de vous, de l’expliquer, de ne pas la minimiser et d’éduquer votre entourage.

 La fatigue : l'ennemi invisible

Oui, la fatigue extrême, c’est handicapant

La grossesse n’est pas la première fois de ma vie où j’ai ressenti une fatigue « handicapante », à savoir pesant lourdement sur mes capacités quotidienne et ma vie sociale. Je l’ai donc retrouvée comme une vieille amie pot de colle, un peu sympa car pas méchante, mais dont je me passerais des années sans y penser, ou juste de loin, avec nostalgie, sans aucune intention de la recontacter.

Au cours du 1er trimestre, elle va peut-être vous tenir au corps, vous clouer au lit à 21h, vous pousser à la sieste alors que vous détestez ça. Si vous en souffrez, elle vous obligera à refuser les invitations, à ne plus sortir autant (même si vous aimez balades, randonnées ou les soirées à n’en plus finir). Et, de facto, à créer la rumeur.
Car, soyons sérieux, la fatigue, on connait tous, et ça ne nous empêche pas de pousser le bouchon de temps en temps en faisant une chouille jusqu’à 4h du mat. Vous exagérez forcément. Vous essayez de vous faire plaindre ou chouchouter parce que vous êtes enceinte. Si votre entourage est vraiment mesquin, il osera évoquer le fait que vous vous mettez en avant parce que cette période de votre vie doit être importante aux yeux de tout le monde, alors qu’elle ne l’est que pour vous. Si il en arrive à ce point, réfléchissez à en changer, sérieusement.

D’autres personnes, déjà passées par là, vous soutiendront. Elles savent. Simplement.

Elles ont compris qu’il y a fatigue et fatigue. Il y a celle que l’on ressent après une soirée d’enfer, et celle qui consiste à se réveiller après 8h de sommeil dans le même état que lorsqu’on s’est couché. Ensuite on a sa journée de travail à endurer, sa soirée, puis les reproches parce que l’on dit toujours « non » aux sorties. Dans un trimestre où, la plupart du temps, on n’a pas dit qu’on était enceinte. Donc pas d’excuse.

Ne vous laissez pas faire.

Pour ma part, j’ai eu mon compte pendant cette grossesse, surtout au premier et dernier trimestres. C’est normal. Le corps travaille, et pas qu’un peu. Vous allez être crevée, exténuée, au bout du rouleau. Que vous travailliez, ou non. Soyez indulgente avec vous-même.

 

Le risque : la désociabilisation

La première fois que j’ai senti ce poids dans ma vie, c’était il y a 4 / 5 ans. j’avais la maladie de Crohn, et je l’ignorais. Bien entendu, je me suis penchée sur des symptômes plus évidents que la fatigue pour me faire diagnostiquer. Mais cela a pris un certain temps, et j’ai été proprement exténuée durant des mois. À tel point que certains jours, je devais choisir entre bosser deux heures ou faire ma vaisselle. Trop fatiguée pour faire quoi que ce soit d’autre.
Le diagnostic et la liste des symptômes m’ont fait prendre conscience que non, je n’étais pas une flemmarde patentée. J’étais malade. Depuis des mois.
Et croyez-moi, la seule explication que trouvera votre entourage à votre éternelle fatigue ne sera jamais la maladie. Ce seront votre flemmardise légendaire, votre nonchalance habituelle, votre côté mou qui a attendu la trentaine pour prendre ses aises. Avec un peu de chance, vous aurez un conjoint adorable qui saura vous comprendre. Mais même ça, ce n’est pas gagné.

Cela peut paraître un peu dur pour l’entourage, mais c’est souvent nos proches qui sont les plus exigeants avec nous. Avez-vous déjà tenté le mariage ? Je veux dire, un gros mariage avec une organisation à n’en plus finir ? Avez-vous eu affaire à la liste d’invités de vos parents ? Aux remarques désobligeantes de la tante sur votre vaisselle ? Aux recommandations datées de votre mère sur votre robe, qu’elle veut vous offrir mais pas ce prix là (pourtant bas) ? Bref, à l’enfer de l’entourage ? Voilà.

mettez des astuces en place pour ne pas vous épuiser

Je me souviendrai toujours de la petite conversation de prévention que j’avais eu à l’hôpital avec l’infirmière qui me formait à la prise de mon médicament (toujours pour la maladie de Crohn). Elle s’inquiétait de la compréhension des autres, notamment de mon conjoint. J’étais vraiment étonnée de cette demande, parce que Helldad (mon fiancé à l’époque) était aux petits soins pour moi, d’une compréhension à toute épreuve, d’un soutien sans faille. Elle m’expliquait alors combien certaines personnes, dans cette maladie, étaient bien plus en souffrance du manque de compréhension de leur famille que des symptômes en eux-même, tout handicapants qu’ils soient. Que certains couples se séparaient face au manque d’empathie du conjoint, que c’était une véritable épreuve.

Pourquoi ? Parce que la fatigue, ça ne se voit pas, ça ne se mesure pas, et tout le monde pense savoir ce que c’est.

Que vous soyez vaseux le matin ou au bord de la crise de nerf, on emploie le même mot. Tout le monde croit le connaître la fatigue, mais chacun la ramène à sa propre échelle. Mais quelqu’un qui dort bien connaitra-t-il la souffrance d’un insomniaque, par exemple ? Ou tout simplement un non-parent la douleur des nuits les premiers mois d’un parent de nouveau-né ?
Même si cela vous paraît logique, vous ne savez pas À QUEL POINT l’écart est marqué entre ces personnes. Moi-même je l’ignore. Vous ne pouvez que le supposer, d’après votre propre échelle de fatigue qui, peut-être, n’est pas très élevée.

Et effectivement, pendant cette époque de ma vie où j’ai connu ce fardeau, j’ai désociabilisé avec pas mal de monde. C’est aussi l’époque où certains ont cru que je parlais de ma maladie pour me faire plaindre. Cela ne pouvait pas être sérieux puisqu’il n’était pas question que je sois prise au sérieux avec ma vie chaotique et sans queue ni tête (si, si, c’est vraiment arrivé). Un gros tri s’est fait dans mes amis. C’est une autre histoire mais ça illustre le fait que oui, vous ne savez pas comment votre entourage va réagir. Et parfois, il réagit vraiment mal.

Alors si je puis me fendre d’un unique conseil face à la fatigue des premiers mois :

reposez-vous, envoyez bouler les autres, c’est votre santé qui passe d’abord.

Vous êtes l’acteur principal de votre vie ! Il est plus important de faire attention à vous que de minimiser ce que vous ressentez à cause de l’opinion de gens qui ignorent ce que vous vivez.

 

Prenez soin de vous !

Parfois, la fatigue va se transformer en état dépressif. Ce peut être très lié. Demandez conseil à votre gynéco ou votre médecin pour prendre des compléments alimentaires, par exemple. C’est ce que j’ai fait, et j’ai arrêté de pleurer toute la journée !

Il n’est pas toujours aisé de se reposer durant sa grossesse pour se préparer à la venue du nouveau-né. C’est un des conseils que j’ai le plus entendu. « Après, tu ne dormiras plus, alors dors maintenant ».
Peut-être que vous avez déjà un enfant qui vous réveille la nuit ou, comme moi, un appartement chaud comme une voiture en plein soleil l’été avec une bande de pochtrons devant le bar au pied de votre immeuble qui hurle dans la rue jusqu’à 7h du matin (ce qui est en lien direct avec la chaleur, qui vous oblige à ouvrir les fenêtres, eh oui), heure du premier camion poubelle qui vient vider le verre (non, je déconne. Ce camion passe à 6h, en vrai. À 7h c’est le 2e camion).
Faites de votre mieux, écoutez-vous. Faites des siestes, isolez-vous chez vos parents, couchez-vous tôt. Bref, mettez rapidement en place des astuces pour ne pas vous épuiser, tant que faire se peut.
Oh, évitez de détester ceux qui vous auront donné ce conseil sans savoir ce qu’est le manque de sommeil. Ils ne savent pas, ce n’est pas de leur faute. Et puis c’est un bon conseil !

Discutez-en avec votre conjoint-e, pensez simplement à vous. J’essaie de revenir vers vous très vite avec de vrais tips contre la fatigue !

Vous avez le droit d’être fatiguée.

Firemom a l’impression d’élever un petit goa’uld qui a une fâcheuse tendance à lui appuyer sur la vessie. Phobique de l’administration, elle a eu l’impression de toucher le fond lorsqu’il a fallu envoyer un Cerfa à la CAF.

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