Trop d’amour : la naissance de Jean-Chouchou
BÉBÉ EST ARRIVÉ

Trop d’amour : la naissance de Jean-Chouchou

Si il y a bien un truc auquel on n’est pas préparé à l’arrivée de son premier enfant (je veux dire, à part la douleur, les forceps, l’épisio…), c’est l’amour incommensurable qu’on lui porte dès qu’il arrive. (Cette donnée de temps comprenant environ les premières 24h. On est trop crevé pour éprouver quoique ce soit juste après avoir accouché).

Où donc était planqué cet amour, avant ?

C’est un amour plus plus plus qui sort d’absolument nul part. Où est-ce que je le rangeais, avant ? Où était-il planqué ? Me dites pas que c’est juste mes hormones qui bossent comme des umpa lumpas ? (En fait si. J’en aurai la preuve 48h plus tard en chialant pour un oui, pour un non).
Ce bébé, vous pouvez pas vous en passer. Il est tout frippé, tout plié, tout rouge, mais votre vie n’aurait plus de sens sans lui. D’un coup, d’un seul, j’ai compris un tas de trucs. Un tas de films avec des enfants dedans, des drames, des sacrifices. J’ai pleuré de douleur pour toutes celles qui ont perdu le leur. C’était juste insupportable d’y penser.

où est-ce que je le rangeais, avant, cet amour ?

Peu de temps avant l’accouchement, j’étais follement inquiète : et si je n’aimais pas mon bébé ? Je sais que le lien peut ne pas se faire, et dans la mesure où je n’ai jamais été très portée sur les bébés ou les enfants en général, et que je n’ai pas le contact facile avec qui que ce soit, c’était une angoisse pré-natale. Une copine m’a dit un jour « Tu verras, quand il sera là, c’est comme s’il avait toujours été là ».
Elle avait tellement, mais tellement raison. Trois jours après, je me suis surprise à sortir des « d’habitude il mange plus ».

D’habitude… Ça fait trois jours qu’il est là.

 

L’amour, l’amour, l’amour

J’ai été submergée par l’amour que j’avais pour cet enfant. Il était parfait, son prénom le meilleur choix du monde (même s’il a provoqué l’hilarité d’une des sages-femmes. Je ne comprends toujours pas pourquoi. Jean-Chouchou c’est génial, non ?), les pyjamas moches que j’avais récupéré de ses cousins étaient tout à coup parfaitement mignons sur lui, ses expressions les plus adorables de la terre. Né le jour du solstice d’hiver, il était né le divin enfant.

Bref, trop trop trop d’amour. Tellement d’amour que j’en ai pleuré pendant des jours. Chute d’hormones ou pas, je m’en fiche, c’est pour lui que j’ai pleuré.

J’ai eu quelques moments « choc », comme ça, dans ma vie, à propos de l’amour, qui m’ont fait pleurer. je ne parle pas de moments tristes, comme aux enterrements, mais de « choc ». Lorsque vous vous rendez compte à quel point vous ignoriez ce qu’est l’amour, ou que vous n’en avez pas vraiment dans votre vie, ou combien vous êtes seul, ou combien vous êtes miraculeusement choyé.

La naissance de mon fils a été le troisième.

Je me rends compte à quel point j’ai vécu sans amour pendant toute ma vie. Bien entendu, j’ai eu l’amour de mes parents, mais ce n’est pas pareil, et puis mon père s’est barré et c’est compliqué (et je me rends compte à quel point Jean-Chouchou risque de s’éloigner de moi plus tard. Mais j’ai vingt bonnes années devant moi dont je compte profiter à fond). Je regrette de ne pas pouvoir rendre à ma mère l’amour que je porte à mon bébé (puisque c’est celui qu’elle me porte). Mais notre relation est teintée d’une incompréhension qui a mis une distance certaine entre elle et moi. Enfin, surtout moi.
J’ai donc vécu sans savoir vraiment aimer pendant longtemps. Très, très longtemps. J’en étais venu à me voir comme une infranchissable barrière de glace. Je gardais mes distances, rationnalisais mes histoires avec les hommes, ne voulait pas d’enfant.

Et puis Helldad est apparu dans ma vie et tout a volé en éclats. Et Jean-chouchou est apparu dans ma vie et a piétiné les derniers bris de glace.

J'aurais pu mourir d'amour, là, sur place

Jean-Chouchou : il est né le divin enfant

Toute défaite sur mon lit de la maternité j’aurais pu mourir d’amour, là, sur place. La plupart du temps je pleurais toute seule. Mais de bonheur, hein. Les sages-femmes entraient dans ma chambre et je leur parlais en chialant comme une madeleine débile, en leur disant « tout va bien hein ». Tu parles.

Je ne regrette pas toutes ces années sans enfant (petit rappel : j’ai presque quarante ans. J’en ai vu naître, des bébés, autour de moi). Elles ont été les années pour créer d’autres choses, pour les projets, aussi pour devenir la personne que je suis, bien plus apte à avoir un enfant, une personne que j’aime suffisamment. La personne qui peut éprouver et donner tout cet amour. La personne qui chiale d’amour toute la journée sur son lit.

Jean-Chouchou est devenu le centre de ma vie. Le point de contact entre Helldad et moi. Notre duo extraordinaire est devenu un trio prodigieux. Notre cabane de l’amour abrite désormais une toute petite personne en combi-pyjama. Notre monde a basculé dans une mignonnerie absolument indécente.

Je suis devenue une mère gnan-gnan, une Firemom gaga.

Firemom a l’impression d’élever un petit goa’uld qui a une fâcheuse tendance à lui appuyer sur la vessie. Phobique de l’administration, elle a eu l’impression de toucher le fond lorsqu’il a fallu envoyer un Cerfa à la CAF.

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2 Comments

  1. Ton texte est très touchant 🙂 Merci <3 Je crois que j'ai compris en te lisant pourquoi moi aussi j'ai autant pleuré à sa naissance Cet amour que je ressentais moi aussi je l'avais eu Et ma douleur a ce moment là ravivée de l'avoir perdu … Ta famille me semble douce et pleine d'amour Bonne continuation a toi

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